Après un petit déjeuner gargantuesque, forcément vu qu’on était allés à AlCampo la veille, et un réapprentissage des règles de l’awalé, Loïc et moi décidons de partir à l’assaut du Teide, le volcan de l’île de Tenerife inactif depuis des siècles. A cause des travaux, on galère un peu pour trouver la sortie mais finalement Loïc s’en sort. 54 kilomètres nous séparent du géant canarien selon les panneaux de circulation. Une fois l’autoroute (gratuite mais pas forcément entretenue) quittée, première montée parmi les eucalyptus. En prenant de l’altitude, les arbres deviennent des pins puis s’effacent enfin pour laisser la place à un paysage de cailloux.
Vu que le Teide a le nez dans les nuages, on ne tente pas l’expédition au maximum de l’altitude autorisée en voiture. En fait, les personnes voulant s’approcher du sommet doivent obtenir une autorisation des autorités, histoire que la montée près du cratère soit réglementée. Il reste aussi le téléphérique mais à 20€ la montée, ça calme. Donc finalement la mer de nuage ne nous dérange pas tant que ça. De toutes façons, le paysage alentour est tellement majestueux qu’on ne perd rien. Une petite halte dans un point de vue nous permet d’approcher de plus près les cailloux volcaniques plus légers que la normale. Les graviers donnent même l’impression d’être des céréales quand on les prend par poignet. D’ailleurs, Loïc en toute égalité en ramasse une pleine bouteille. A force de prendre de l’altitude, on est quand même allés jusqu’à 2300 m, on perd des degrés et le vent soufflant, ça caille !
Une fois notre excursion dans ce paysage de laves volcaniques figées donnant l’impression d’un immense champ que l’on aurait retourné à la charrue, descente vers le sud. On s’arrête dans un village sur la route, chez Tito, pour manger des bocadillos (sandwich typiques) et boire du zumo de naranja (jus d’orange). Le resto est tellement désert à cette heure tardive de repas pour des français (14h !), qu’une dame nous voyant nous installer crie « Tito, tienes gente » ! Quand on finit, vers 15h, des locaux commencent à peine à venir prendre leur déjeuner à l’heure espagnole.
Descente jusqu’à « la plage à la con » dixit Loïc, c'est-à-dire aux stations balnéaire du sud entièrement urbanisées et d’ailleurs toujours en construction. Entre Las Americas (la plus américaine) et Los Cristianos (où se trouve le port pour aller à la Gomera), notre choix se porte sur la seconde. En effet, Loïc a décidé que nous passerons le week-end sur la petite île voisine de Tenerife et nous devons donc nous renseigner sur les horaires de bateau. Il fait chaud en sortant de la voiture, on a dû prendre 10°C depuis notre descente des abords du Teide. Tout le monde est en short, tongs, maillot malgré le ciel couvert. Ca change des gens en tenue de rando du sommet. Sur les plages, des rangées de transats blanc et bleu vident. Les vagues déferlent sur la plage. C’est vrai qu’on est au bord de l’océan ici. On se pose un moment sur la plage. 2-3 gouttes tombent mais ne dérangent pas plus que ça notre sieste improvisée. Ensuite, recherche de cartes postales. C’est marrant, pour un lieu très touristique, il n’y a pas tant de vendeurs de cartes postales que ça. Finalement je trouve mon bonheur dans un magasin Kodak. Petite halte par un café pour prendre des batidos, sorte de milk-shake à base de glace. Café-vanille pour Loïc, Banane-Coco pour moi. Miam !
Retour à la voiture pour prendre le chemin du retour. Une heure d’autoroute nous attend. Des bouchons se forment, Loïc slalome entre la file de droite et de gauche pour éviter les entrées et les sorties d’autoroute. Des éoliennes longent l’autoroute histoire d’exploiter la force des vents canariens. Je somnole. Encore une journée bien remplie qui laisse plein de belles images dans la tête. Vivement que je sois connectée pour partager tout ça !
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Matinée écriture de blog, comme prévue. L’occasion aussi de télécharger les photos (vive XP !) et d’en faire une sélection. J’ai oublié d’emporter ma clef USB mais vu que je devais m’en acheter une plus grosse, je vais aller à AlCampo (le Auchan local) pour m’équiper. Et des fois que je trouve une connexion, j’aurais toujours sous la main de quoi remplir le blog. En attendant, c’est la colloc de Loïc qui débarque, Ana Maria d’origine espagnole mais avec un accent tout à fait compréhensible. C’est d’accord une des raisons pour laquelle les garçons l’on choisie : sympathique et compréhensible ! Benjamin revient de la fac. Loïc débarque ensuite, il n’a pas eu cours. C’est encore fuga ! Et apparemment pour toute la semaine ! Et tout ça sans revendications… Il m’explique qu’à la base ça devait être quelque chose de religieux parce que ça vient de « la fuga de Santiago » (la fugue de St Jacques) mais si la signification a disparue, la pratique n’en demeure pas moins. Bref, voilà le cousin encore plus libre qu’il ne l’était déjà pour me balader.
Le soir, repas typiquement… jurassien ! Mont D’or et fondue. La totale ! Un ERA’MU’ (les canariens ont la fâcheuse tendance d’avaler les lettres selon Loïc, notamment les S) originaire du Jura chez lequel Loïc et Benjamin ont logé à leur arrivée, le temps de trouver un logement, avait reçu un colis de ses parents à base de Comté. De quoi se remplir le ventre après l’excursion du jour. Se sont joints à nous ses collocs, des ERA’MU’ allemands et une roumaine. L’auberge espagnole made in Canaries
Il me mets direct dans le bain en me racontant qu’aujourd’hui c’est fuga (prononcer fouga), c’est-à-dire qu’il n’y avais pas cours ce lundi. C’est une tradition canarienne qui veut que les étudiants peuvent décider un jour de ne pas aller en cours. Ils suffisent qu’ils votent tous et l’université devient déserte. Quel hasard, n’empêche, que ce fuga-là tombait en même temps qu’un festival qui se déroulait sur l’île voisine. Forcément, Loïc et Cie s’y étaient rendus. Ca a donc été un week-end de fête qui s’est prolongé jusqu’au lundi. Il n’est pas tout frais le cousin mais il a l’air de se plaire. On rentre dans le parking souterrain à la recherche de la 25mobile (une kangoo doubiste aux Canaries), Loïc a oublié de payer le parking, il va à la machine, en revient, retourne à la machine où il a oublié son ticket, ne le trouve pas, vient me le dire, va à la caisse, en revient pour chercher le numéro d’immatriculation, retourne le donner pour qu’on lui édite un nouveau ticket, en revient sans… Bienvenue dans ma famille ! Bref, au final, les gars réalisent qu’ils peuvent simplement lui faire ouvrir la barrière.
El Bodegon Viana. Une sorte de resto tapas dans une cave. Des bouteilles partout. De la charcuterie et des gros fromages. Bonnes odeurs, bruit, chaleur. On va se régaler. Au menu : papas arruagadas (la spécialité des Canaries, pomme de terres en croûte de sel car à l’origine cuites dans l’eau de mer) à manger coupée en morceau dans une sauce rouge ou aux herbes, queso asado mojo (tranches de fromage), pechuga de pollo (morceaux de blanc de poulet avec frites), filete de pescado (filet de poisson avec frite), vin et eau. A 3 on a du mal à tout finir, les sauces coulent parfois sur le pantalon, mais pour moins de 20€, c’est vraiment un repas de rois. On rentre donc repus, contents de retrouver la voiture à sa place, à la maison. Là, les nombreux chats de la maison nous attendent (ils ont été baptisés Dégage, Fous-le-camps et Casse-toi par les garçons). Reste plus qu’à prendre une petite douche et au lit. Grasse matinée en perspective (ça reste des vacances) surtout que Loïc a cours le matin. Ca me laissera le temps de faire ce petit compte-rendu de ma journée de viaje sur le PC pour n’avoir plus qu’à copier-coller pour le blog.
2 bonnes minutes pour trouver sur le panneau d’affichage le terminal où se trouve Air Europa. Je ne suis pas encore familiarisée avec le logo de la compagnie web. Terminal B ! Ca tombe bien, l’un des plus accessible. Bon, j’ai tout de même 4h d’avance, donc no panic. Le comptoir vite repéré, je n’enregistre tout de même pas à 13h pour un avion à 16h. Le temps de se restaurer, faire l’aller venue dans le long hall, se mêler aux personnes attendant les arrivées d’avion, guetter les regards de ceux qui se savent attendus, lire la joie des retrouvailles sur les visages, retour devant la machine à empaqueter les bagages (4,50 € para protéger de robos, golpes y otras cosas muy peligrosas !) – moi je fais confiance – et voir le spider-man entourer de sa toile de plastique valises à roulettes et autres poussettes, coup d’œil sur le panneau d’affichage (toujours pas mon vol) et finalement je me décide à enregistrer.
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