Départ à 6h45 de l’appart avec une superposition conséquente de couches (+ écharpe et mitaines), évitant d’avoir à emporter le manteau d’hiver mais permettant tout de même de faire face au frais matin Montpelliérain. Direction la gare pour attraper le train de 7h26 à destination de Cartegena. Déjà, je me sens un peu ailleurs en lisant les gares desservies : Cerbère (on dirait qu’on va atteindre l’enfer), Port Bou (Bout du Monde, ouais), Girona (avec un « dj ») et enfin Barcelona.
4h plus tard, et 2 contrôles frontaliers passés, l’un classe (le garde espagnol tout en élégance dans son costume noir) et l’autre moins (les policiers français semblant sortir d’une série français sur la brigade des stup), arrivée au quai de Barcelona Sants. J’ai dû bien vérifier 10 fois, tout au long du trajet, la direction de train à prendre pour rallier l’aéroport. Et des grands panneaux ventant la création de la linéa 10 qui dessert l’aéroport, me confirment que je ne me suis pas trompée. Reste à trouver une machine qui vend les tickets (si je peux éviter de confronter mon castillan avec les autochtones catalans…), choisir « ida y regresa » pour éviter en plus de perdre du temps au retour et d’économiser 25€ de taxi et payer mes 4,80€ pour cet aller-retour. Se retrouver dans les multiples panneaux d’affichage de la gare de Barcelone, voici enfin mon train qui me saute aux yeux. Départ toutes les 30 min, je note les horaires de retours pour ne pas manquer mon train : 15h29, c’est le mieux, 15h59, ça passe encore largement, 16h29, game over ! Du haut du wagon, à l’approche de l’aéroport, une marée de carrosseries noires et jaunes, les taxis barcelonais. Au pire…
2 bonnes minutes pour trouver sur le panneau d’affichage le terminal où se trouve Air Europa. Je ne suis pas encore familiarisée avec le logo de la compagnie web. Terminal B ! Ca tombe bien, l’un des plus accessible. Bon, j’ai tout de même 4h d’avance, donc no panic. Le comptoir vite repéré, je n’enregistre tout de même pas à 13h pour un avion à 16h. Le temps de se restaurer, faire l’aller venue dans le long hall, se mêler aux personnes attendant les arrivées d’avion, guetter les regards de ceux qui se savent attendus, lire la joie des retrouvailles sur les visages, retour devant la machine à empaqueter les bagages (4,50 € para protéger de robos, golpes y otras cosas muy peligrosas !) – moi je fais confiance – et voir le spider-man entourer de sa toile de plastique valises à roulettes et autres poussettes, coup d’œil sur le panneau d’affichage (toujours pas mon vol) et finalement je me décide à enregistrer.
Les comptoirs d’Air Europa sont presque déserts. Je n’ai que l’embarras du choix. Une jeune femme aux cheveux courts souriante. Tenerife ? Si. Je lui tends ma réservation sur le web, mon passeport comme pièce d’identification. Pasillada o ventana. Pasillada… Oh, 3 horas de viaje ? Ventana ! En tant normal je préfère côté couloir, mais pour les longs trajets pour pouvoir me déplacer facilement et ne pas me sentir confinée sous les coffres à bagages. Mais le vol n’étant que de 3h, je préfère finalement prendre la fenêtre histoire de voir du paysage. Je pose mon bagage, récupère ma carte d’embarquement. Temps de l’opération : 2 minutes à tout casser ! Ca c’est de l’efficacité ! Pour tous ceux qui trouvaient à redire sur AirEuropa, pour ma part je n’ai vraiment pas eu à me plaindre.
Débarrassée de ma bouteille d’eau à cause de la nouvelle réglementation sur la sécurité dans les avions, d’ailleurs des employés de l’aéroport distribuent prospectus explicatifs et sac en plastique, je passe le contrôle. C’est du self-service. Je pose tous mes effets dans un plateau, le dépose moi-même sur le tapis roulant, le récupère à la sortie, le garde n’a rien à me dire. Tant mieux ! J’erre ensuite dans la galerie commerciale de l’aéroport, trouve un cadeau supplémentaire pour mon cousin hôte (l’incontournable t-shirt Kukuxumuxu), cherche en vain un guide bon marché sur les Canaries et décide d’aller me poser à ma porte d’embarquement bouquiner un peu. Je suis au niveau M2 mais ne connais pas exactement le numéro de porte. Un passage par les toilettes au sous-sol me fait trouver par hasard ce que je cherchais. Tenerife Norte – vol de 16h50 – AirEuropa. Forcément, les compagnies à bas prix ne bénéficient pas du tunnel qui t’amène directement dans l’avion. Non, petit tour par la case bus. M’enfin, tant que je peux m’installer dans l’avion. En plus ça fait très film américain où les stars descendent de l’avion accueillies par les photographes. Sauf que nous on y monte et que personne ne nous attend (pour l’instant). 16h20, l’embarquement débute. Petit doute, mon numéro de vol ne correspond pas mais en jetant un œil sur les billets des voisins, je me doute que eux aussi ont réservé sur Internet car ils ont le même numéro bizarre que moi. Ils passent, je passe donc.
Dans l’avion je suis à côté de 2 papis espagnols qui se sont installés à ma place mais ça ne me dérange pas. Pasillada, c’est pas plus mal. De toutes façons, je dors les ¾ du temps après avoir lu ce qui m’intéressait dans El Pais (hey, j’ai pas tant perdu que ça en espagnol !) et dans le journal de la compagnie. Le personnel navigant nous fait la sempiternelle démonstration de sécurité, marrant leur uniforme jean et chemisette. Ils n’auront de cesse de passer nous vendre boissons et autres sucreries. J’avais fait le plein avant de partir donc je passe un vol économique. Le départ ayant pris un peu de retard, on arrive quelques 20 minutes en retard, 7h heure locale (- 1h), de nuit donc, ce qui ne me fait pas regretter mon hublot. On nous annonce une température de 21°C. Selon la météo d’El Pais il a même fait 27°C aujourd’hui à Tenerife. Cool !


Il me mets direct dans le bain en me racontant qu’aujourd’hui c’est fuga (prononcer fouga), c’est-à-dire qu’il n’y avais pas cours ce lundi. C’est une tradition canarienne qui veut que les étudiants peuvent décider un jour de ne pas aller en cours. Ils suffisent qu’ils votent tous et l’université devient déserte. Quel hasard, n’empêche, que ce fuga-là tombait en même temps qu’un festival qui se déroulait sur l’île voisine. Forcément, Loïc et Cie s’y étaient rendus. Ca a donc été un week-end de fête qui s’est prolongé jusqu’au lundi. Il n’est pas tout frais le cousin mais il a l’air de se plaire. On rentre dans le parking souterrain à la recherche de la 25mobile (une kangoo doubiste aux Canaries), Loïc a oublié de payer le parking, il va à la machine, en revient, retourne à la machine où il a oublié son ticket, ne le trouve pas, vient me le dire, va à la caisse, en revient pour chercher le numéro d’immatriculation, retourne le donner pour qu’on lui édite un nouveau ticket, en revient sans… Bienvenue dans ma famille ! Bref, au final, les gars réalisent qu’ils peuvent simplement lui faire ouvrir la barrière.
El Bodegon Viana. Une sorte de resto tapas dans une cave. Des bouteilles partout. De la charcuterie et des gros fromages. Bonnes odeurs, bruit, chaleur. On va se régaler. Au menu : papas arruagadas (la spécialité des Canaries, pomme de terres en croûte de sel car à l’origine cuites dans l’eau de mer) à manger coupée en morceau dans une sauce rouge ou aux herbes, queso asado mojo (tranches de fromage), pechuga de pollo (morceaux de blanc de poulet avec frites), filete de pescado (filet de poisson avec frite), vin et eau. A 3 on a du mal à tout finir, les sauces coulent parfois sur le pantalon, mais pour moins de 20€, c’est vraiment un repas de rois. On rentre donc repus, contents de retrouver la voiture à sa place, à la maison. Là, les nombreux chats de la maison nous attendent (ils ont été baptisés Dégage, Fous-le-camps et Casse-toi par les garçons). Reste plus qu’à prendre une petite douche et au lit. Grasse matinée en perspective (ça reste des vacances) surtout que Loïc a cours le matin. Ca me laissera le temps de faire ce petit compte-rendu de ma journée de viaje sur le PC pour n’avoir plus qu’à copier-coller pour le blog.
Matinée écriture de blog, comme prévue. L’occasion aussi de télécharger les photos (vive XP !) et d’en faire une sélection. J’ai oublié d’emporter ma clef USB mais vu que je devais m’en acheter une plus grosse, je vais aller à AlCampo (le Auchan local) pour m’équiper. Et des fois que je trouve une connexion, j’aurais toujours sous la main de quoi remplir le blog. En attendant, c’est la colloc de Loïc qui débarque, Ana Maria d’origine espagnole mais avec un accent tout à fait compréhensible. C’est d’accord une des raisons pour laquelle les garçons l’on choisie : sympathique et compréhensible ! Benjamin revient de la fac. Loïc débarque ensuite, il n’a pas eu cours. C’est encore fuga ! Et apparemment pour toute la semaine ! Et tout ça sans revendications… Il m’explique qu’à la base ça devait être quelque chose de religieux parce que ça vient de « la fuga de Santiago » (la fugue de St Jacques) mais si la signification a disparue, la pratique n’en demeure pas moins. Bref, voilà le cousin encore plus libre qu’il ne l’était déjà pour me balader.
Le soir, repas typiquement… jurassien ! Mont D’or et fondue. La totale ! Un ERA’MU’ (les canariens ont la fâcheuse tendance d’avaler les lettres selon Loïc, notamment les S) originaire du Jura chez lequel Loïc et Benjamin ont logé à leur arrivée, le temps de trouver un logement, avait reçu un colis de ses parents à base de Comté. De quoi se remplir le ventre après l’excursion du jour. Se sont joints à nous ses collocs, des ERA’MU’ allemands et une roumaine. L’auberge espagnole made in Canaries
Vu que le Teide a le nez dans les nuages, on ne tente pas l’expédition au maximum de l’altitude autorisée en voiture. En fait, les personnes voulant s’approcher du sommet doivent obtenir une autorisation des autorités, histoire que la montée près du cratère soit réglementée. Il reste aussi le téléphérique mais à 20€ la montée, ça calme. Donc finalement la mer de nuage ne nous dérange pas tant que ça. De toutes façons, le paysage alentour est tellement majestueux qu’on ne perd rien. Une petite halte dans un point de vue nous permet d’approcher de plus près les cailloux volcaniques plus légers que la normale. Les graviers donnent même l’impression d’être des céréales quand on les prend par poignet. D’ailleurs, Loïc en toute égalité en ramasse une pleine bouteille. A force de prendre de l’altitude, on est quand même allés jusqu’à 2300 m, on perd des degrés et le vent soufflant, ça caille !
Descente jusqu’à « la plage à la con » dixit Loïc, c'est-à-dire aux stations balnéaire du sud entièrement urbanisées et d’ailleurs toujours en construction. Entre Las Americas (la plus américaine) et Los Cristianos (où se trouve le port pour aller à la Gomera), notre choix se porte sur la seconde. En effet, Loïc a décidé que nous passerons le week-end sur la petite île voisine de Tenerife et nous devons donc nous renseigner sur les horaires de bateau. Il fait chaud en sortant de la voiture, on a dû prendre 10°C depuis notre descente des abords du Teide. Tout le monde est en short, tongs, maillot malgré le ciel couvert. Ca change des gens en tenue de rando du sommet. Sur les plages, des rangées de transats blanc et bleu vident. Les vagues déferlent sur la plage. C’est vrai qu’on est au bord de l’océan ici. On se pose un moment sur la plage. 2-3 gouttes tombent mais ne dérangent pas plus que ça notre sieste improvisée. Ensuite, recherche de cartes postales. C’est marrant, pour un lieu très touristique, il n’y a pas tant de vendeurs de cartes postales que ça. Finalement je trouve mon bonheur dans un magasin Kodak. Petite halte par un café pour prendre des batidos, sorte de milk-shake à base de glace. Café-vanille pour Loïc, Banane-Coco pour moi. Miam !
ll pleut ! Donc séance de Divix franchouillards (Camping, Double Zéro) sur le portable. Vu la démotivation qui gagne les troupes au regard du mauvais temps, Loïc s’est renseigné sur la météo des jours à venir sur La Gomera, petite île voisine de Tenerife, destination de notre week-end. Et comme les cieux semblent plus cléments à cet endroit des Canaries, on décide donc d’avancer notre départ au vendredi et, pourquoi pas, prolonger jusqu’au dimanche. En attendant, direction le cyber café pour enfin mettre en ligne les photos et textes des activités des jours derniers.
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